Pourquoi mes exercices ne changent-ils pas ma douleur ?

Vous faites vos exercices sérieusement. Vous êtes régulier. Pourtant, après plusieurs semaines, votre douleur change peu ou revient toujours dans les mêmes situations.

La première conclusion est souvent : « les exercices ne marchent pas sur moi ».

Mais le problème n’est pas forcément l’exercice en lui-même. Il peut venir de la dose, de la progression, de la capacité réellement travaillée ou du manque de lien avec l’activité qui vous limite.

Ostéopathe le mans Baptiste Timmerman

Un exercice pertinent peut devenir insuffisant

Un exercice peut être adapté au début d’une prise en charge puis devenir trop facile quelques semaines plus tard.

Si la charge, l’amplitude, le nombre de répétitions ou la difficulté ne progressent jamais, le corps reçoit toujours à peu près le même stimulus.

Vous pouvez alors continuer à « faire vos exercices » sans réellement développer les capacités nécessaires à votre quotidien ou à votre sport.

Travaillez-vous vraiment la capacité qui vous limite ?

Une personne limitée par un manque d’endurance n’a pas exactement le même besoin qu’une personne qui manque de force maximale, de puissance ou de tolérance à une position prolongée.

Pourtant, les mêmes exercices sont parfois utilisés pour des problèmes très différents.

  • Si la douleur apparaît après vingt minutes, il faut peut-être évaluer l’endurance.
  • Si elle apparaît uniquement sous forte charge, la question de la force et de la tolérance mécanique devient plus pertinente.
  • Si elle revient surtout à grande vitesse, la puissance ou la coordination peuvent compter davantage.
  • Si un mouvement précis reste évité depuis des mois, l’exposition progressive peut être plus utile qu’un exercice général.

Le dosage compte autant que le choix de l’exercice

Deux personnes peuvent faire le même exercice et recevoir un stimulus complètement différent selon la charge, le nombre de séries, la proximité de l’effort maximal, la fréquence et la récupération.

Un programme trop léger peut ne jamais provoquer d’adaptation suffisante. Un programme trop agressif peut au contraire dépasser ce que vous tolérez actuellement.

L’objectif est rarement de trouver un exercice « magique ». Il est de construire une progression suffisamment exigeante pour créer une adaptation mais suffisamment tolérable pour pouvoir la répéter.

Votre exercice ressemble-t-il à ce que vous voulez retrouver ?

Si votre objectif est de courir, porter des charges, jouer au tennis ou travailler toute une journée debout, le programme doit progressivement se rapprocher de ces contraintes.

Une amélioration sur un exercice isolé est intéressante, mais elle ne garantit pas automatiquement le retour à l’activité réelle.

Mesurer permet d’éviter de progresser au hasard

Une progression devient beaucoup plus claire lorsque l’on peut comparer dans le temps : charge utilisée, nombre de répétitions, durée tolérée, amplitude, asymétrie, niveau d’effort ou réaction des symptômes après la séance.

Si ces indicateurs progressent mais que l’activité principale reste impossible, cela indique qu’il faut probablement revoir ce que l’on mesure ou ce que l’on entraîne.

Et si les exercices augmentent franchement les symptômes ?

Une augmentation transitoire et contrôlée des symptômes n’est pas toujours synonyme de dommage. Mais une aggravation importante, persistante ou associée à des signes nouveaux mérite une réévaluation.

Le programme doit pouvoir être ajusté. Continuer mécaniquement le même protocole alors que la situation se dégrade n’a pas de sens.

Vous faites des exercices depuis des semaines mais vous restez limité ?

Il peut être utile de réévaluer non seulement quels exercices vous faites, mais surtout ce qu’ils sont censés améliorer et comment on mesure leur effet.

À retenir

  • Un exercice peut être pertinent mais mal dosé ou insuffisamment progressé.
  • Le programme doit travailler la capacité qui vous limite réellement.
  • La progression doit finir par ressembler aux contraintes de l’activité que vous voulez reprendre.
  • Mesurer permet de savoir si vous progressez réellement plutôt que de répéter le même programme au hasard.
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